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Deleuze/Spinoza - des devenirs politiques

Publié le 16 octobre 2017 Mis à jour le 17 octobre 2017

Le colloque se propose d'interroger le rapport Deleuze-Spinoza sous l'angle de la politique. Il cherchera à comprendre le contexte polémique dans lequel Deleuze fait usage de Spinoza, quelle signification révolutionnaire il lui donne et contre quels adversaires politiques il oriente son spinozisme. Il s'agit de saisir, par cette perspective politique, le devenir commun des pensées de Deleuze et de Spinoza.

Date(s)

le 9 novembre 2017

Lieu(x)
<Libellé inconnu>
Le rapport de Deleuze à Spinoza suscite depuis longtemps un grand intérêt. Ce colloque se propose d'aborder la question à partir d'une perspective politique. Il est vrai que Deleuze s'intéresse peu à la politique de Spinoza, si l'on entend par là la théorie de l'État et des institutions que celui-ci développe dans les derniers chapitres du Traité théologico-politique et dans le Traité politique. Pourtant, Deleuze s'intéresse de près à certaines analyses que Spinoza fait des mécanismes sociaux et politiques, notamment sa théorie des signes et du désir de servitude. De plus, la lecture deleuzienne de l'ontologie spinoziste a des implications immédiatement politiques.
À la fin des années 1960, les études spinozistes en France subissent un coup de tonnerre avec la publication du Spinoza et le problème de l'expression de Deleuze, le tome I du Spinoza de Martial Gueroult et Individu et communauté chez Spinoza d'Alexandre Matheron. Autour de Mai 68, la philosophie spinoziste devient un outil de lutte et d'affirmation, capable de renouveler non seulement l'ontologie et la théorie des passions, mais aussi la conception de l'histoire et des institutions. Dans les années 1970, la collaboration avec Guattari est l'occasion pour Deleuze de poursuivre son travail sur Spinoza.
Dans L'Anti-Œdipe, les deux auteurs affirment que le révolutionnaire qu'ils appellent de leurs vœux, « c'est Spinoza sous l'habit du révolutionnaire napolitain ». L'ontologie de l'univocité, développée par Deleuze en 1968, sert alors de fondement au devenir politique de Spinoza. Dans Mille plateaux, cependant, ce n'est plus à partir de l'ontologie, mais de l'éthique, ou plutôt de l'« éthologie » que se pense le rapport du spinozisme à la politique. Les différentes versions de Spinoza, philosophie pratique témoignent de ces déplacements et de leur importance pour la pensée deleuzienne du politique.
Quelle est la signification de ce détour par Spinoza dont une époque entière porte la trace ? Comment Deleuze et Spinoza entrent-ils dans un devenir politique commun qui les transforme mutuellement ? Comment évolue la lecture deleuzienne de l'œuvre spinoziste et quels sont les enjeux politiques de cette évolution ? Ces questionnements parcourent les deux axes qui organisent le colloque, le premier consacré à l'enjeu Spinoza autour de 1968, et le second aux différents usages que Deleuze fait de Spinoza de L'Anti-Œdipe aux Mille plateaux.

Organisation :
Jean-Baptiste Vuillerod (Université Paris Nanterre, Sophiapol), Anne Sauvagnargues (Université Paris Nanterre, HAR), Juan Ledesma (Université Paris Nanterre, Sophiapol).

Programme

(Présidence de la journée : Blanche Gramusset et Juan Ledesma)

10h-10h30 : accueil des participants et introduction

10h30-11h30 : Pierre-François Moreau: "D'Amsterdam à Naples et retour".

11h30-12h30 : Silvia Lippi : "Le schizophrène et les trois genres de connaissance".

12h30-14h : Pause repas

14h-15h : Emilia Marra : "Le système ouvert: Deleuze et le défi spinozien de l'infini actuel".

15h-16h : Jean-Baptiste Vuillerod : "Spinoza contre les maos : une nouvelle étape dans l'anti-hégélianisme de Gilles Deleuze".

16h-16h20 : Pause après-midi

16h20-17h20 : Igor Krtolica : "Deleuze, Spinoza, la tradition antijuridique et l'idée d'expression: entre ontologie et pragmatisme".

17h20-18h20 : Anne Sauvagnargues : "Signé Spinoza : pour une critique de l'écologie politique des signes".


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Mis à jour le 17 octobre 2017