• Séminaire/Journée d'études,

Les philosophes et leur monde : pour une histoire globale de la philosophie

Publié le 7 octobre 2017 Mis à jour le 10 octobre 2017

Réexaminer, au-delà de la simple question des « influences », les circulations, intellectuelles mais aussi matérielles, au long desquelles la philosophie s’est constituée et constamment réinventée est le geste que ce séminaire voudrait inaugurer afin de réinscrire la philosophie dans la matérialité du monde social et de décentrer l’histoire de la philosophie, dont les frontières internes épousent encore généralement celles de l’Europe-Occident.

Date(s)

du 18 octobre 2017 au 20 décembre 2017

Lieu(x)
Université Paris 8
2 Rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis, Salle A028
(métro : ligne 13, station Saint-Denis Université)
On se pose souvent la question de savoir si faire de l’histoire de la philosophie est véritablement faire de la philosophie. Il ne serait pas moins légitime de se demander dans quelle mesure cela signifie faire de l’histoire. Si on accepte de la considérer de l’extérieur, d’un point de vue strictement historiographique, plutôt que dans sa logique interne, force est de reconnaître que l’histoire de la philosophie se résume bien souvent à une histoire des grands problèmes, concepts et œuvres (de tel ou tel philosophe) comme autrefois on faisait l’histoire des grands hommes (de tel ou tel roi), guerres et autres événements notables. Ce séminaire s’ancre dans la conviction que la philosophie a beaucoup à apprendre des courants historiographiques qui se sont développés depuis une cinquantaine d’années au moins : histoire sociale, histoire par le bas, histoire globale, histoire transnationale, histoire postcoloniale, histoire des circulations, histoire connectée, etc. Or, ces « nouvelles » historiographies nous suggèrent la nécessité d’un double déplacement. De même que l’histoire sociale a détrôné les rois en les inscrivant dans la « longue durée » des rapports sociaux, de même l’histoire de la philosophie doit-elle repenser le discours philosophique à partir de la matérialité du monde social, qui lui fournit non seulement un contexte et des conditions de possibilité, mais un sol et un horizon permanent. Cette réinscription sociale de la philosophie par l’histoire serait néanmoins incomplète si elle ne conduisait pas à décentrer l’histoire de la philosophie, dont les frontières internes épousent encore généralement celles de l’Europe-Occident. Réexaminer, au-delà de la simple question des « influences », les circulations, intellectuelles mais aussi matérielles, au long desquelles la philosophie s’est constituée et constamment réinventée est le geste qu’il nous semble nécessaire d’amorcer pour que la philosophie soit à la hauteur de l’histoire, c’est-à-dire aussi de sa propre histoire.

Ce séminaire prend le relais du séminaire « Déprovincialiser l’histoire, réorienter la philosophie » qui s’est tenu entre 2015 et 2017.

Séminaire de recherche sous la direction de Paul Guillibert (Université Paris Nanterre, Sophiapol) et Matthieu Renault (Université Paris 8, LLCP).

Programme :
Mercredi 18 octobre – 18h-21h
Farah Cherif Zahar – Comprendre l’appropriation du savoir grec par les Arabes en historien de la philosophie

Mercredi 8 novembre – 18h-21h

Sophie Wahnich – Qu’est devenue la Révolution française dans le débat philosophique des années 1960-80 ?

Mercredi 22 novembre – 18h-21h
Luis Martínez Andrade – Marx et l’Amérique latine : une rencontre inopinée

Mercredi 6 décembre – 18h-21h
Guillaume Sibertin-Blanc – La guerre d’Algérie et la « philosophie française contemporaine » : questions préliminaires à une recherche de traces et d’effacements

Mercredi 20 décembre – 18h-21h
Wolf Feuerhahn – D’une histoire indigène à une histoire transnationale de la philosophie

Mis à jour le 10 octobre 2017