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Romantisme, écologie et effondrement

Publié le 9 septembre 2019 Mis à jour le 27 janvier 2020

Séminaire organisé par Maxime Bello (Sophiapol)

Date(s)

du 17 septembre 2019 au 6 février 2020

Lieu(x)
Bâtiment W (Max Weber), Bâtiment D (Henri Lefebvre)

Depuis quelques années, on assiste à la diffusion d’un corpus savant annonçant l’effondrement à venir de notre civilisation. Cette perspective affecte un large spectre de groupes sociaux qui ont en commun de vivre au quotidien dans un monde qu’ils savent condamné et dont ils pensent vivre la chute de leur vivant. Les recherches en cours sur le sujet montrent que ces groupes socialement hétérogènes produisent de façon récurrente une critique des différentes facettes de la modernité capitaliste (mécanisation, extension du domaine de la marchandise, rationalité instrumentale, désenchantement du monde) au nom de valeurs et d’idéaux du passé. Ainsi, le développement de l’idéologie du progrès et l’économicisme seraient à la source d’une bifurcation historique en passe de nous mener désormais à la grande catastrophe. On retrouve ainsi dans la bouche de ceux qui anticipent l’effondrement cette forme de critique que Michael Löwy et Robert Sayre nomment vision romantique du monde. Les auteurs avaient déjà noté qu’une des dernières incarnations historiques de cette vision du monde, l’écologie politique, était celle qui avait poussé le plus loin la critique romantique. C’est aussi celle qui, dès son émergence au début des années 1970, nous a offert une des esquisses les plus abouties d’une eschatologie sécularisée. Aujourd’hui, le retour en force des analyses scientifiques qui avaient déjà participé à son émergence la fait cette fois-ci déborder des milieux alternatifs dans lesquels elle s’était développée.

En mobilisant des recherches susceptibles de mettre à l’épreuve la typologie des romantismes produite par Michael Löwy et Robert Sayre dans leur ouvrage Révolte et mélancolie : le romantisme à contre-courant de la modernité (1992), ce séminaire vise à explorer les rôles qu’occupe la vision romantique du monde dans la vie quotidienne de ceux qui prévoient un effondrement prochain de notre civilisation ainsi que les formes d’actions politiques qui se dégagent de cet horizon.


Programme



Séance introductive
Mardi 17 septembre 2019 / 14h30 - 17h
Bât. Weber salle de Séminaire 2
- Michael Löwy
Romantisme anticapitaliste et écologie


Puis certains jeudis, de 15h à 17h

Jeudi 26 septembre - Bât. D salle 201
- Jean Chamel (IHAR)
Écologie et collapsologie dans la continuité des contre-courants de la modernité

Jeudi 10 octobre - Bât. W salle 2
- Luc Semal (Cesco)
Perspective catastrophiste et effondrement(s)

Jeudi 24 octobre - Bât. D salle 201
- Stéphane François (GSRL/CNRS)
Romantisme restitutionniste d'extrême-droite et écologie

Jeudi 07 novembre - Bât. W salle 1
- Patrick Marcolini (RIRRA 21)
« Nous n’avons pas peur des ruines. - Vraiment ? »
Visions de l’effondrement dans la mouvance post-situationniste

Jeudi 28 novembre - Bât W salle 1
- Anne Rumin (Sciences Po)
Le récit de l’effondrement, symptôme d’une perte de sens historique ?

Jeudi 23 janvier, 13h20-15h20 - Amphithéâtre bât. Formation continue
- Margot Verdier (Sophiapol)
Pour un futur barbare. Représentations et pratiques du "sauvage" dans le mouvement d’occupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Mercredi 29 janvier - Bât D salle 201 séance reportée
- Magali Della Sudda (Centre Émile Durkheim / CNRS)
Écologie et féminité : l'alterféminisme, un romantisme restitutionniste en réponse à l'effondrement

Jeudi 30 janvier - salle à déterminer séance reportée
- Fabrice Flipo (LCSP)
Écologisme et romantisme : les faux amis ?

Jeudi 6 février - salle à déterminer séance reportée
- Paolo Stuppia (CESSP)
Le biorégionalisme aux Etats-Unis

Mis à jour le 27 janvier 2020