Christophe MIQUEU, "Restaurer l'idée de citoyenneté à l'aube des Lumières. Le républicanisme moderne de Locke et Spinoza" , thèse soutenue le 28 novembre 2009


Christophe Miqueu a soutenu sa thèse de doctorat en philosophie intitulée :

Restaurer l'idée de citoyenneté à l'aube des Lumières. Le républicanisme moderne de Locke et Spinoza

sous la direction de Christian Lazzeri, le 28 novembre 2009, à l'Université Université Paris Nanterre.


Jury


M. Nestor CAPDEVILA, Maître de conférences de philosophie à l'Université Université Paris Nanterre
M. Luc FOISNEAU, Directeur de recherche au CNRS (CRPRA - EHESS)
Mme Biancamaria FONTANA, Professeure de science politique à l'Université de Lausanne
Mme Chantal JAQUET, Professeure de philosophie à l'Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne
M. Christian LAZZERI, Professeur de philosophie à l'Université Université Paris Nanterre
M. Jean TERREL, Professeur de philosophie à l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux III

Résumé



L'objectif de cette thèse est de comprendre le renouveau paradigmatique de l'idée de citoyenneté que deux philosophes majeurs, appartenant à la même génération, John Locke (1632-1704, anglais) et Baruch Spinoza (1632-1677, hollandais) ont contribué à élaborer trois quarts de siècle avant Rousseau et plus d'un siècle avant les Révolutions française et américaine.

Les théoriciens politiques post-hobbesiens avaient à faire face à une problématique nouvelle : comment comprendre la vie en communauté face à l'émergence au premier plan de la sphère individuelle ? La réponse immédiate pour tout chercheur travaillant sur cette période et ces auteurs limite la philosophie politique moderne à la théorie du contrat social et la citoyenneté à l'idée de sujétion artificielle ; et elle fait de Hobbes le premier penseur à avoir systématisé une telle doctrine.

Or Spinoza et Locke ont immédiatement après lui fait vaciller tout l'édifice de soumission absolue auLéviathan. La restauration de l'idée de citoyenneté qu'ils mirent en œuvre dans un contexte de crise de la référence civique articule les schèmes classiques de la tradition philosophique républicaine avec l'apport théorique jusnaturaliste, et en particulier le principe individualiste hobbesien. Locke et Spinoza apparaissent alors sous un nouveau jour : deux républicains modernes pour qui la logique nouvelle des droits n'est pas incompatible avec la logique ancienne des devoirs du citoyen.

Summary:
My thesis focuses on the new paradigm of citizenship that two main philosophers, belonging to the same generation, John Locke (1632-1704, English) and Baruch Spinoza (1632-1677, Dutch) had elaborated three-quarters of century before Rousseau and more than a century before the American and French revolutions.

Seventeenth-century political theorists after Hobbes were facing a distinctly new issue: How could they to understand life in a political community now that the private sphere  predominated? The immediate answer for anyone working in the history of seventeenth-century political ideas is to reduce early modern political philosophy to social contract theory, and citizenship to artificial subjection; and to think that Hobbes was the first to elaborate such a doctrine.
Spinoza and Locke, however, immediately called his absolute subjection to the Leviathan theory into question. Rethinking citizenship in an intellectual context of civic crisis, they used traditional items from classical Republicanism and new ideas from natural right theories, especially Hobbes' individualistic principle. Locke and Spinoza are read here as two modern Republicans who combine the new logic of the rights of the citizen and the old logic of the duties of the citizen.

Mis à jour le 31 août 2011