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Séminaire d'équipe Sophiapol
Publié le 16 janvier 2026
–
Mis à jour le 16 janvier 2026
Date(s)
du 12 décembre 2025 au 2 juin 2026
16h - 18h
Lieu(x)
Bâtiment Henri Lefebvre (D), Bâtiment Paul Ricoeur (L)
Bâtiment Ricoeur - Salle des conseils
Bâtiment Lefebvre - D201
Bâtiment Lefebvre - D201
En quête de théorie
Séminaire d’équipe du laboratoire Sophiapol, janvier–juin 2026
La question de la théorie se retrouve aujourd’hui placée au centre de débats politiques et épistémologiques qui dévoilent ses paradoxes.
Un premier paradoxe tient à la tension entre la mise en cause publique des théories critiques et l’attrait croissant qu’elles suscitent dans certains espaces militants. D’un côté, la théorie fait l’objet d’attaques récurrentes : la « déconstruction » ou la prétendue “théorie du genre” cristallisent un discours politique et médiatique visant à délégitimer les savoirs critiques, à en contester la scientificité et à en disqualifier l’usage public. Ce soupçon qui pèse sur les théories dans l’espace public nourrit l’idée qu’elles seraient abstraites, idéologiques, détachées des réalités sociales. Pourtant, dans le même temps, on observe un intérêt renouvelé pour la théorie, perceptible notamment dans les mouvements féministes contemporains, qui mobilisent, reformulent et diffusent largement des démarches issues du féminisme universitaire – qu’il s’agisse, par exemple, du féminisme de la reproduction sociale, de l’écoféminisme ou des approches critiques du care.
Un second paradoxe surgit de l’écart entre un certain épuisement des débats conceptuels au sein des sciences humaines et sociales et le besoin accru de réflexivité et de précision analytique que celles-ci expriment simultanément. D’un côté, en philosophie, l’heure ne semble plus être aux grandes constructions systématiques tandis que les recherches théoriques s’émoussent également en sciences sociales. Les travaux font pourtant souvent référence de manière floue à des théories complexes – comme l’épistémologie des savoirs situés ou les nouveaux matérialismes, sans en examiner réellement la portée épistémologique. D’un autre côté, la multiplication des champs spécialisés, des approches méthodologiques cloisonnées et des sous-champs très circonscrits s’accompagne d’un besoin de mise en perspective, qu’elle soit intra- ou transdisciplinaire. Plus que de vastes synthèses globalisantes, c’est un travail patient sur les concepts, les catégories analytiques, leur historicisation et leur transversalité qui apparaît nécessaire autant pour décrire le réel que pour le problématiser. La valorisation de l’empirique s’accompagne ainsi de la conscience d’un désir, voire d’un besoin de théorie.
Ces paradoxes invitent à repenser le travail intellectuel, notamment dans ses rapports aux pratiques politiques, mais aussi à partir de la tension heuristique entre terrains et théories. C’est à cette réflexion que le séminaire d’équipe du laboratoire Sophiapol voudrait convier cette année.
Séminaire d’équipe du laboratoire Sophiapol, janvier–juin 2026
La question de la théorie se retrouve aujourd’hui placée au centre de débats politiques et épistémologiques qui dévoilent ses paradoxes.
Un premier paradoxe tient à la tension entre la mise en cause publique des théories critiques et l’attrait croissant qu’elles suscitent dans certains espaces militants. D’un côté, la théorie fait l’objet d’attaques récurrentes : la « déconstruction » ou la prétendue “théorie du genre” cristallisent un discours politique et médiatique visant à délégitimer les savoirs critiques, à en contester la scientificité et à en disqualifier l’usage public. Ce soupçon qui pèse sur les théories dans l’espace public nourrit l’idée qu’elles seraient abstraites, idéologiques, détachées des réalités sociales. Pourtant, dans le même temps, on observe un intérêt renouvelé pour la théorie, perceptible notamment dans les mouvements féministes contemporains, qui mobilisent, reformulent et diffusent largement des démarches issues du féminisme universitaire – qu’il s’agisse, par exemple, du féminisme de la reproduction sociale, de l’écoféminisme ou des approches critiques du care.
Un second paradoxe surgit de l’écart entre un certain épuisement des débats conceptuels au sein des sciences humaines et sociales et le besoin accru de réflexivité et de précision analytique que celles-ci expriment simultanément. D’un côté, en philosophie, l’heure ne semble plus être aux grandes constructions systématiques tandis que les recherches théoriques s’émoussent également en sciences sociales. Les travaux font pourtant souvent référence de manière floue à des théories complexes – comme l’épistémologie des savoirs situés ou les nouveaux matérialismes, sans en examiner réellement la portée épistémologique. D’un autre côté, la multiplication des champs spécialisés, des approches méthodologiques cloisonnées et des sous-champs très circonscrits s’accompagne d’un besoin de mise en perspective, qu’elle soit intra- ou transdisciplinaire. Plus que de vastes synthèses globalisantes, c’est un travail patient sur les concepts, les catégories analytiques, leur historicisation et leur transversalité qui apparaît nécessaire autant pour décrire le réel que pour le problématiser. La valorisation de l’empirique s’accompagne ainsi de la conscience d’un désir, voire d’un besoin de théorie.
Ces paradoxes invitent à repenser le travail intellectuel, notamment dans ses rapports aux pratiques politiques, mais aussi à partir de la tension heuristique entre terrains et théories. C’est à cette réflexion que le séminaire d’équipe du laboratoire Sophiapol voudrait convier cette année.
Programme indicatif
12 décembre 2025, 15h-18h30 Séance d’ouverture du séminaire
Séminaire Sophiapol à la Fondation Lucien Paye.
Cité Universitaire Internationale, 45b Bd Jourdan, 75014 Paris
Rencontre avec Ariella Aïsha Azoulay autour de son œuvre
Lundi 26 janvier (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Séance collective
Bâtiment Ricoeur, salle des conseils
Mardi 17 février (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Antoine Duarte (Université de Toulouse / IPDT)
Bâtiment Ricoeur, salle des conseils
Jeudi 26 mars (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Ilana Eloit (Université de Genève)
D201
Mardi 7 avril (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Nicolas Duvoux (Université Paris 8)
D 201
Mardi 19 mai (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Christophe Aguiton
D201
Mardi 2 juin (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Éric Fassin (Université Paris 8), Katia Genel (Université Paris Nanterre), Caroline Ibos (Université Paris 8)
Séance autour de L’Oubli du labeur (Klincksieck, 2025) et de La Savante et le politique (PUF, 2025)
Salle à confirmer
Séminaire Sophiapol à la Fondation Lucien Paye.
Cité Universitaire Internationale, 45b Bd Jourdan, 75014 Paris
Rencontre avec Ariella Aïsha Azoulay autour de son œuvre
Lundi 26 janvier (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Séance collective
Bâtiment Ricoeur, salle des conseils
Mardi 17 février (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Antoine Duarte (Université de Toulouse / IPDT)
Bâtiment Ricoeur, salle des conseils
Jeudi 26 mars (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Ilana Eloit (Université de Genève)
D201
Mardi 7 avril (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Nicolas Duvoux (Université Paris 8)
D 201
Mardi 19 mai (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Christophe Aguiton
D201
Mardi 2 juin (16h-18h)
Université Paris Nanterre
Éric Fassin (Université Paris 8), Katia Genel (Université Paris Nanterre), Caroline Ibos (Université Paris 8)
Séance autour de L’Oubli du labeur (Klincksieck, 2025) et de La Savante et le politique (PUF, 2025)
Salle à confirmer
Mis à jour le 16 janvier 2026